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Milton H. Erickson et son approche

Milton H. Erickson est né en 1901 au Nevada dans une communauté de mineurs. Quelques années plus tard, ses parents s’installent dans une ferme de l’Ouest américain. De ses handicaps d’enfant, dyslexie, daltonisme, mauvaise perception des rythmes musicaux, il en fera des sources d’apprentissage.

Il existe en nous des ressources insoupçonnées que nous pouvons mobiliser. Un changement minime peut provoquer un effet boule de neige.

A 17 ans, il est atteint par la poliomyélite qui le paralyse presqu’entièrement. Percevant d’infimes sensations, il se met à se rééduquer lui-même grâce à des phénomènes idéomoteurs (l’idée suscitant le geste, le souvenir du mouvement étant source de mobilisation neurologique).

  • Quelques temps plus tard, alors qu’il marche avec des béquilles, il fait un voyage en canoë de près de 2000 km qui lui permet de parfaire sa rééducation.
  • Quelques années après, alors qu’il étudie la médecine, il suit un séminaire d’Hypnose avec Hull. Ses travaux de recherche l’amène à voir dans l’Hypnose, un état naturel, permettant un travail individuel. Chacun doit apprendre sur lui-même toute sa vie.
  • Il se marie en 1923, aura 3 enfants et divorcera 10 ans après.
  • Médecin dès 1928, il se spécialise en Psychiatrie, exerce dans le Colorado, à Rhode Island et enfin au Worcester State Hospital dans le Massachussetts.

Pour lui l’Hypnose est une attention focalisée et intense qui doit être accompagnée par le thérapeute.

Seconde union avec Elisabeth, Psychologue, qui lui donnera 5 enfants. Il s’installe à Eloise, dans le Michigan.

Pendant 14 années de pratique et de recherche, il élabore sa méthodologie et ses théories sur un inconscient actif et positif. (« L’inconscient fait mieux les choses que nous », « la thérapie vient de l’intérieur du patient »).

  • Il s’intéresse aux transes, sous toutes les formes ; collabore avec Margaret Mead (épouse de Gregory Bateson et anthropologue). Plus tard, cela sera avec Aldous Huxley (Les portes de la perception) ; l’action des substances sur la conscience.
  • En 1948, il s’installe en Arizona et ouvre un cabinet libéral dans sa maison.
  • A 51 ans, rechute de la poliomyélite avec paraplégie des membres inférieurs. Il puise dans son histoire personnelle et charnelle, une approche thérapeutique de la douleur.

Son approche thérapeutique a changé en près de 30 années de pratique, depuis les séminaires avec Hull. L’Hypnose ne ressemble plus à ce qu’elle était pour Freud au début du XX° siècle.

A cette époque, il collabore avec l’école de Palo-Alto, notamment avec Gregory Bateson et Don Jackson, puis avec Jay Haley (« Un thérapeute hors du commun »), Richard Fish, John Weakland et enfin Paul Watzlawick. (Le Langage du Changement).

Milton Erickson a d’abord été un chercheur et un praticien. Ce sont ses élèves qui vont théoriser sur la pratique de leur Professeur (Jeffrey Zeig, Ernest Rossi, Sydney Rosen, Herbert Lustig…).

Milton Erickson décède le 27 Mars 1980, 6 mois avant le premier congrès consacré à son travail.

Conceptions Ericksoniennes

- L’Hypnose est un état naturel ; c’est une interaction entre le thérapeute et le patient ; les rituels hypnotiques ne sont pas nécessaires ; l’indirectivité facilite le processus. Il s’agit plus d’une focalisation de l’attention que d’un état particulier ; la nature fait mieux les choses que nous…

- L’approche stratégique est incluse dans l’approche Ericksonienne avec des taches de comportement. Ce qui importe n’est pas l’accomplissement de la tache mais la confrontation à la possibilité ou non d’expérimenter une situation nouvelle proposée par le thérapeute.

- Erickson préfère le terme de NON CONSCIENT au terme d’Inconscient. « C’est un grand magasin de ressources » déposées dans la mémoire. Il y a des choses que l’on sait et que l’on ne sait pas que l’on sait. L’inconscient se manifeste par l’action. Un grand nombre de comportements ne viennent pas jusqu’à la prise de conscience. Il s’agit de communiquer avec le non conscient et l’Hypnose facilite cette communication. Il s’agit aussi d’exploiter les ressources des expériences que nous avons faites et que nous avons oubliées, d’activer des possibles qui sont en nous et que nous ignorons car nous sommes ignorants de nous-mêmes.

- Le symptôme n’est plus véritablement la cible. « Votre symptôme disparaitra quand vous serez prêt à l’abandonner ». « Le symptôme n’est plus envisagé comme le problème mais comme un moyen momentané de maintenir un équilibre de manière non consciente.

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